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ENT : quels environnements et pour quel travail ?

Première partie - Des environnements numériques de travail (ENT)

Par Jean-François Cerisier

Publié en ligne le 1 septembre 2006

Résumé : Les environnements numériques de travail représentent un tournant dans les initiatives institutionnelles relatives au développement de l’usage des TICE. On passe ainsi d’une époque de valorisation des initiatives pionnières à une étape d’industrialisation. Les ENT, sortes d’intranets dédiés aux usages des communautés éducatives ne recèlent guère de fonctionnalités inédites. En revanche, l’intégration de cet ensemble de ressources et de services en un tout cohérent constitue une réelle nouveauté, voire une singularité. La mise en œuvre de ces dispositifs est susceptible de contribuer à des évolutions notables de l’usage des TICE et, plus généralement, du fonctionnement des établissements scolaires. C’est à face à cette situation qui soulève bien des questions que la recherche doit se mobiliser pour contribuer à y répondre.

Il est des termes qui s’installent rapidement dans le jargon d’une profession ou, plus généralement, trouvent leur place dans les codes langagiers d’un groupe social. Le syntagme nominal environnement numérique de travail (ENT) semble appartenir à cette catégorie. Inconnu dans le milieu professionnel de l’éducation il y a seulement quelques mois, il y joue aujourd’hui un rôle important. Il désigne l’un des éléments les plus visibles de l’action institutionnelle relative au développement de l’usage éducatif des technologies de l’information et de la communication (TICE) dans l’enseignement scolaire et universitaire. Bien malin qui pourrait évaluer la pérennité d’un tel choix lexical. Toutefois, il apparaît clairement qu’il ne s’agit pas uniquement d’une nouveauté linguistique et que nous observons là une innovation voire une invention institutionnelle dont il est important d’analyser les tenants et les aboutissants.

Une première définition des ENT, à la manière de l’institution, les désigne comme des systèmes d’information intégrés qui proposent aux différents usagers d’une communauté éducative un accès unifié à l’ensemble des ressources et outils d’accès et de traitement de l’information. D’aucuns remarquent pourtant que le lancement des ENT pourrait ne relever que d’un effet d’annonce. Ainsi, Bruno Devauchelle et François Jarraud demandaient-ils le 8 septembre 2004 dans l’éditorial du site Le Café pédagogique si les ENT n’étaient pas «la nouvelle ‘danseuse’ de décideurs et de passionnés des technologies en mal de visibilité de leur action et donc de reconnaissance»1. D’autres initiatives institutionnelles assez récentes, comme le B2I2, sont également nées dans un contexte politique d’incitation. Cinq ans après les premiers textes officiels, la mise en œuvre du B2I et du C2I (Certificat informatique et internet) avec leurs différents niveaux qui couvrent tout l’empan de l’enseignement scolaire et universitaire reste très modeste. Pourtant, il apparaît que le caractère normatif du B2I conduit l’ensemble des établissements à s’interroger sur les processus et le calendrier de réalisations et nul ne peut nier l’effet catalyseur du B2I. Cette politique top-down est nouvelle dans le domaine des TICE.

Après plusieurs dizaines d’années de stratégies fondées sur la valorisation de l’innovation de terrain dont chacun aura pu observer les limites, ce changement de cap marque une volonté de rationnalisation. Les TICE entrent donc en France comme dans beaucoup d’autres pays3 dans une phase d’industrialisation. Ce concept désormais bien précisé, en particulier par les travaux de Pierre Moeglin et d’Élisabeth Fichez4, se traduit notamment, dans le cas des ENT, par la professionnalisation des acteurs (report des tâches de développement vers des informaticiens par exemple alors qu’elles étaient souvent assurées par les enseignants eux-mêmes), par la standardisation des dispositifs techniques ou par l’existence d’un objectif de déploiement généralisé (équipement de tous les collèges et lycées à l’horizon 2007). Les documents institutionnels qui jalonnent le développement des ENT recourent abondamment au lexique de l’industrie et au terme d’industrialisation. Ainsi, le très récent appel à commentaires «Socle ENT» pour le scolaire»5 évoque-t-il «l'ensemble des services mutualisables et industrialisables nécessaires au bon fonctionnement des services utilisateurs ENT». Bien que cette question de l’industrialisation prête souvent à l’expression de points de vue idéologiques qui confondent parfois industrialisation, marchandisation et privatisation de la formation, il est certain que l’étude des ENT ne peut s’opérer en l’absence d’une dimension socioéconomique.

S’il est peut-être hâtif de dépeindre les technologies éducatives comme une preuve -voire la preuve- de la marchandisation des systèmes scolaire et universitaire, il est indispensable d’évaluer le rôle qu’elles jouent, dès lors qu’elles contribuent à donner à l’école les caractéristiques d’un marché. Ce n’est donc qu’en conjuguant des approches « micro » focalisées sur les processus d’apprentissages avec des approches « macro » dans lesquelles l’analyse des discours institutionnels et politiques a toute sa place que l’on pourra mettre en lumière ce que représentent réellement les ENT et le rôle qu’ils jouent, dont on perçoit nettement qu’il excède largement le cadre strictement pédagogique. Seules de patientes évaluations longitudinales permettront de mesurer l’impact des ENT en termes de développement quantitatif d’usages des TICE.

Il n’en est pas moins indispensable d’engager dès maintenant les évaluations et travaux de recherche permettant d’appréhender la nature même des transformations éventuelles que l’installation de ces dispositifs induit de facto quant aux conditions d’enseignement et d’apprentissage. Les ENT tels qu’ils sont définis par la direction de la technologie du ministère de l’Education nationale se composent d’outils, ressources et services dont les usages ont déjà fait, séparément, l’objet de différentes évaluations et recherches6. En revanche, l’intégration de ces différents éléments dans des ensembles présentant une cohérence fonctionnelle nouvelle est de nature à permettre des usages nouveaux et à induire des comportements propres dont les effets en termes pédagogiques pourraient se révéler importants. Cet arrangement inédit d’artefacts connus justifie la construction de programmes de recherche centrés sur l’objet ENT pour peu que l’on définisse ce qu’il est.

L’appel à projets « ENT 2003 », lancé par le ministère de l’Education nationale en mars 20037, a donné au vocable environnement numérique de travail et à son acronyme « ENT » une signification spécifique qui peut engendrer quelques confusions. Cette démarche d’appropriation linguistique par l’institution procède en tout premier lieu d’une circonscription du domaine d’usage des ENT aux seules activités des principales catégories d’acteurs des établissements scolaires voire universitaires. Aussi le travail désigne-t-il de façon singulière aussi bien les activités exercées dans le cadre scolaire par les personnels enseignants, administratifs et techniques que par les élèves voire leurs parents. Par ailleurs, la logique inhérente au processus d’appel à projets interdit ou presque la qualification d’ENT pour des dispositifs n’ayant pas été labellisés. Ainsi, seuls les huit projets retenus pourraient se revendiquer comme environnements numériques de travail alors que d’autres, reposant pourtant sur des principes analogues ou voisins, ne le pourraient pas.

Cette discussion lexicale peut sembler tatillonne et singulièrement limitée à l’espace éducatif français. Elle l’est assurément. Elle doit pourtant être appréciée au regard du degré moyen d’acculturation des enseignants de tous ordres et de toutes disciplines aux TICE. Si la familiarité des enseignants de l’usage de ces outils s’accroît notablement8, seule une minorité d’entre eux dispose d’une connaissance approfondie des méthodes et outils relatifs à l’enseignement et l’apprentissage en réseau. Ainsi, la signification de termes tels qu’intranet, collaboration ou même réseau reste assez floue aux yeux du plus grand nombre d’entre eux9. Au-delà du vocabulaire, ce sont les concepts sous-jacents qui sont rarement maîtrisés. On peut alors s’interroger sur les effets d’une initiative telle que celle conduite par le ministère. Arrive-t-elle au bon moment pour instrumenter des pratiques existantes et les généraliser ou bien trop tôt au risque de n’entraîner que des usages limités et sporadiques, voire d’inhiber la possibilité que s’installent de nouvelles pratiques.

Cette question n’est pas tranchée. Loin s’en faut, mais elle mérite beaucoup d’attention car nous assistons à une sorte de renversement de perspective. Là où toute l’action institutionnelle ou presque depuis au moins 1985 (année du plan « Informatique pour tous ») privilégiait une logique de valorisation des initiatives pionnières à des fins de dissémination, le déploiement des ENT se propose au contraire de constituer un cadre de référence et des outils communs. La sociologie de l’innovation souligne les limites de toute stratégie reposant sur la diffusion des initiatives pionnières. Norbert Alter10 a montré l’importance des innovateurs en montrant leur incapacité à entraîner une diffusion de leurs innovations. Le cycle classique de l’innovation proposé par Schumpeter11 qui voit s’enchaîner l’invention d’un individu en rupture avec les pratiques établies, l’adhésion progressive d’imitateurs qui estiment la nouveauté intéressante puis l’établissement de l’innovation comme la nouvelle norme ne répond pas à la réalité de l’innovation. Norbert Alter souligne la différence entre l’invention et l’innovation, cette dernière supposant l’établissement de pratiques stabilisées dans l’organisation de référence. Ce qui fonctionne comme des inventions locales ne se traduit pas nécessairement comme de véritables innovations. Alter montre que l’innovation nécessite l’existence de groupes d’innovateurs consistants pour que soit modifiée la norme établie.

L’innovation s’exprime donc en tension entre la norme de l’inventeur et la fonction normalisatrice de l’institution. On peut même y voir un antagonisme qui opposerait l’innovation et l’organisation. Seules des stratégies prenant en considération les initiatives de terrain et l’encadrement institutionnel sont susceptibles de conduire à de véritables innovations. Cette orientation, timidement amorcée depuis quelques années, notamment dans la révision de certains programmes d’enseignement et concours de recrutement d’enseignants, renforcée par la mise en œuvre du B2I, trouve avec les ENT une expression plus affirmée encore. Toutefois, on peut s’interroger sur la réceptivité des usagers au déploiement des ENT. Si Michel Crozier a montré que « l’on ne change pas une société par décret », il est probable que l’on ne décrète pas davantage l’usage des ENT. L’institution ne peut ici qu’être incitatrice et augmenter la probabilité du succès de son entreprise en créant les conditions les plus favorables.

Si cette politique conduite par le ministère de l’Education nationale se décline dans les différents ordres d’enseignement sous des appellations différentes12, la situation de l’enseignement scolaire répond tout particulièrement à cette nouvelle stratégie. La définition des ENT par la direction de la technologie du ministère de l’Education nationale et de la Recherche repose sur trois documents de référence : le schéma directeur des espaces numériques de travail (SDET13) ; le schéma stratégique des systèmes d’information et de télécommunication (S3IT14) et le schéma des services internet-intranet des établissements scolaires (S2I2E15). Tant dans leur forme que dans leurs contenus, ces documents témoignent de l’objectif d’industrialisation de grande ampleur. Les spécifications techniques des ENT ont été élaborées pour répondre à une série d’objectifs fonctionnels.

Il s’agit tout d’abord de « connecter entre eux les membres de la communauté éducative (élèves, personnels, tuteurs légaux)16 ». Cette première caractéristique des ENT en fait l’outil d’une politique d’ouverture des établissements scolaires. L’accès des parents au système d’information de l’école, du collège ou du lycée suscite tout autant d’intérêt que d’inquiétudes. Il souligne et réactualise une problématique déjà ancienne qui s’attache à définir les droits et devoirs de chacun dans le respect des intérêts de tous et en particulier ceux des élèves. Les réactions mitigées de l’ensemble des personnels face à cette dimension des ENT rendent compte de la tension irréductible qui caractérise ces relations. Une plus grande facilité d’accès aux données relatives à la vie de l’établissement, communication plus directe avec les personnels et entre parents, tous ces éléments concourent pour que les relations parents-établissements changent.

On peut s’interroger sur le management de cette situation nouvelle. Certes, l’informatisation d’une partie croissante des tâches de gestion administratives et pédagogiques a bouleversé le fonctionnement des établissements en une vingtaine d’années mais il est possible (probable ?) que les établissements ne soient pas préparés à cette nouvelle étape. De plus, bien que l’accès à internet se soit considérablement développé - au point où une étude de l’OCDE17 montre que les connexions domestiques sont plus nombreuses que les connexions professionnelles-, la question de l’accessibilité demeure une réalité sociologique. La résorption du « fossé numérique » même lente et partielle en terme de connectivité laisse apparaître progressivement un autre fossé, celui des usages.

Ces nouveaux clivages qui se font jour s’expriment essentiellement en termes de compétences quant à la recherche et au traitement de l’information18. La connexion des parents d’élèves aux ENT sera-t-elle, dans ces conditions, un facteur de réduction des différences sociales ou bien, au contraire, contribuera-t-elle à les augmenter ? Certaines équipes d’établissements scolaires qui expérimentent des ENT ont pris la décision de ne pas ouvrir cet accès distant aux parents, au moins dans un premier temps. D’autres ont pris la décision inverse et tentent de pallier les difficultés de connectivité par des mesures locales (ouverture de points de consultation aux parents, notamment hors du temps scolaire) ou par des initiatives concertées avec les collectivités territoriales (points de consultation en mairie ou dans les médiathèques municipales par exemple).

Il s’agit ensuite d’une logique d’intégration des services offerts aux différentes catégories d’usagers. Il est attendu des ENT qu’ils mettent fin à la diversité des interfaces et de procédures d’authentification et proposent une interopérabilité des différents services. On observe là le principe d’un paradoxe intéressant dont il sera essentiel de mesurer la réalité sur le terrain. Ici, en effet, la simplification pourrait s’accompagner d’une uniformisation et d’une normalisation des procédures, diminuant d’autant les possibilités de détournement d’usages et opposant une résistance aux processus d’appropriation.

Enfin, le cahier des charges des ENT mentionne la question de la qualité de service qui s’exprime en particulier en terme de disponibilité. Cette spécification qui relève, elle aussi, de la démarche d’industrialisation, témoigne d’un regard neuf sur les usages. Ainsi, l’exigence de qualité de service est-elle un indicateur objectif de l’importance accordée au service. Jusqu’à aujourd’hui, la disponibilité des services ne faisait pas l’objet d’une telle attention.

En tout premier lieu, même si l’on constate une acculturation progressive des enseignants aux technologies de l’information et de la communication, nombreux sont ceux qui n’ont pas encore une grande familiarité avec les dispositifs complexes qui organisent et instrumentent l’activité individuelle et collective en réseau. Ainsi, le terme intranet qui fait déjà l’objet de définitions différentes lorsqu’elles émanent de technologues19 est-il perçu comme désignant un ensemble de services qui demeure assez confus aux yeux du plus grand nombre. Dans la mesure où l’usage scolaire et universitaire de ces dispositifs reste encore aujourd’hui confidentiel et où la formation initiale et continue des enseignants n’en traite pas ou marginalement, cette méconnaissance est naturelle.

Si un grand nombre d’enseignants ont pu depuis quelques années se construire de réelles compétences dans l’usage individuel des technologies de l’information et de la communication, il n’en va pas de même avec les usages collectifs. L’organisation scolaire et universitaire et les formes pédagogiques les plus répandues reposent sur des démarches individuelles. Si des communautés d’enseignants en ligne comme Le Café pédagogique, par exemple, émergent, elles comptent leurs membres en dizaines de milliers au maximum. Cette forte dynamique pleine de promesses ne doit pas masquer que, par centaines de milliers, les enseignants travaillent individuellement. On peut alors légitimement s’interroger sur la portée et l’utilisabilité d’un dispositif conçu pour outiller l’activité d’une communauté alors que les usagers réels travaillent sur un mode individuel.

Tandis que les premiers ENT dont les projets avaient été labellisés par l’État en 2003 arrivent dans les établissements, il est trop tôt pour tirer des conclusions des premiers usages. Différentes observations ont pourtant déjà montré que le déploiement des ENT, dont le succès en termes d’usages dépend de bien d’autres facteurs que les technologies de l’information et de la communication, pourrait contribuer à des transformations majeures du système éducatif. Ces modifications s’inscrivent dans le continuum qui part du niveau le plus proche des apprentissages à celui de l’organisation des établissements scolaires et de leur inscription dans leur environnement. Les articles qui figurent dans cet ouvrage rendent compte d’une partie de ces questionnements.

Pour citer cet article :  Cerisier Jean-François (2005). "ENT : quels environnements et pour quel travail ?".  Actes des 5 et 6 èmes Rencontres Réseaux Humains / Réseaux Technologiques.  Poitiers – La Rochelle,  16 et 17 mai 2003 – 25 et 26 juin 2004.  "Documents, Actes et Rapports pour l'Education", CNDP, p. 9-16.

En ligne : http://edel.univ-poitiers.fr/rhrt/document609.php (consulté le 12/12/2017)

Notes

1 DEVAUCHELLE Bruno et JARRAUD François. ENS, ENT, Cartable numérique : nouvelles danseuses ou réel intérêt pédagogique ? [On-line]. Septembre 2004. <URL : http://www.cafepedagogique.net/disci/edito/53.php >
2 L’analyse du B2I comme invention institutionnelle constitue l’une des parties principales de la thèse en sciences de l’éducation soutenue par Bruno Devauchelle sous la direction de Geneviève Jacquinot au GRAME (Groupe de recherche sur les apprentissage, les médias et l’éducation,  Paris 8), le 21 mai 2004  (DEVAUCHELLE Bruno. Le Brevet Informatique et Internet (B2i) : d'un geste institutionnel aux réalités pédagogiques. Thèse Sciences de l’éducation : Université Paris 8, 2004)
3 KAPLAN Daniel et POUTS-LAJUS Serge. Les ENT dans le monde. Des modèles d’une grande diversité. Paris : Scérén-CNDP, Les Dossiers de l’ingénierie éducative n°46, mars 2004. Article accessible en ligne : <URL : http://www.cndp.fr/archivage/valid/55455/55455-8362-10272.pdf >
4 FICHEZ Elisabeth. L’industrialisation de la formation. Paris : L’Harmattan, Revue Terminal (Technologie de l’information, culture et société), numéro spécial n°83. Article accessible en ligne : <URL : http://www.terminal.sgdg.org/no_speciaux/83/Fichez.html >
6 L’appel à communications lancé dans le cadre des 6èmes rencontres Réseaux humains / Réseaux technologiques (RHRT6) semble montrer que peu de recherche sont conduites sur l’usage des dispositifs de type ENT.
7 Pour rappel, l’appel à projets ENT 2003 lancé par la Caisse des dépôts et consignations et le Ministère de la jeunesse, de l’Education nationale et de la recherche en mars 2003 était destiné à « promouvoir et encourager les projets communs de collectivités territoriales et de services déconcentrés de l’Education nationale dans le domaine des espaces numériques de travail (ENT, portails de services numériques éducatifs) sur tout le territoire ». Huit projets ont été retenus par la commission d’examen des offres et les premiers produits issus de cette démarche ont vu leur déploiement s’amorcer au cours de l’année scolaire 2004-2005. Les documents relatifs à cet appel à projets peuvent être consultés à l’adresse http://tice.education.fr/educnet/Public/services/bureau_virtuel?affdoc=8
8 Si les résultats d’études publiées sur les usages professionnels des TIC par les enseignants sont assez contradictoires, celles portant sur les compétences opératoires des enseignants sont concordantes. L’évolution de ces dernières, d’ailleurs fortement corrélées à un taux d’équipement personnel très élevé, est notable tant dans l’enseignement primaire et secondaire que supérieur. Une note d’évaluation du ministère de l’Éducation nationale publiée en 2003 atteste de cette évolution dans les écoles, collèges et lycées (GENTIL Régine et VERDON Roseline. Les attitudes des enseignants vis-à-vis des technologies de l’information et de la communication. [On‑line]. Paris : Ministère de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche, décembre 2003. Note d’évaluation accessible en ligne : <URL : ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/noteeval/ne0304.pdf >). Un rapport d’étude réalisé en juin 2004 à l’Université de Poitiers montre des résultats analogues (CERISIER Jean-François. Développer l’usage des technologies de l’information et de la communication pour enseigner et pour apprendre à l’Université de Poitiers. Quelques constats et propositions. Poitiers : Université de Poitiers. Rapport accessible en ligne : <URL : http://imedias.univ--poitiers.fr/rhrt/tice.up.pdf >.
9 Cette observation n’est fondée sur aucune étude précise (qui serait probablement très utile) mais sur l’expérience d’interventions régulières auprès de ces publics en formation continue.
10 ALTER Norbert. Sociologie de l’entreprise et de l’innovation. Paris : PUF, 1996
11 SCHUMPETER Joseph. Capitalisme, socialisme et démocratie. Paris : Payot, 1965
12 Si le terme générique d’ENT peut s’appliquer à tous les environnements de travail numériques de travail, qu’ils s’adressent à l’enseignement scolaire ou universitaire, il ne concerne stricto sensu que les établissements du second degré. Les projets qui se développent dans l’enseignement supérieur, dans un contexte où l’autonomie des établissements est sensiblement plus importante, relèvent d’une logique similaire.
16 Source : Socle des espaces de travail. [On‑line]. Paris : Ministère de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche & Caisse des dépôts et consignations, janvier 2005. Note de synthèse accessible en ligne : <URL : http://tice.education.fr/educnet/Public/services/bureau_virtuel?affdoc=4 >
17 Source : Principales conclusions des perspectives des technologies de l’information de l’OCDE 2004. [On‑line]. OCDE. Document accessible en ligne : <URL : http://www.oecd.org/dataoecd/20/60/33952178.pdf >
18 CERISIER Jean-François et MARCHESSOU François. Accessibilité numérique et éducation : réalités, contextes, cultures, in Nord et Sud numériques, GILLE Laurent et SOUPIZET Jean-François, Hermès Science Publication, coll. « Les cahiers du numérique », volume 2, n°3/4, Paris, 2002
19 Les définitions ou références disponibles reposent sur un ou plusieurs des éléments suivants : topologique (individus connectés au réseau local de leur entreprise par exemple) ; technologique (exploitation de protocoles de communication communs avec les services standards d’internet ;  humain (communautés d’intérêts). Par-delà ces différences, il semble raisonnable de se reporter à la définition de la commission générale de terminologie et de néologie publiée au journal officiel du 16 mars 1999 qui définit l’intranet comme un « réseau de télécommunication et de téléinformatique destiné à l'usage exclusif d'un organisme et utilisant les mêmes techniques que l'internet » (URL : http://www.culture.gouv.fr/culture/dglf/cogeter/16-03-99-internet.html ).

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n° 5-6

  • Jean-François Cerisier

    Jean-François Cerisier est maître de conférences à l’Université de Poitiers. Il appartient à l’ERTe IRMA (Université de Poitiers) et au laboratoire Grame (Université Paris VIII).

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